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Emploi local – une copie a revoir

Emploi local – une copie a revoir
25 février 2023

Emploi local – une copie a revoir

 

L'association ALDE-NC revient ici afin de relayer l'article des Nouvelles Calédoniennes paru le 25 février 2023 portant sur la loi sur l'emploi local, intitulé : “emploi local, une copie a revoir”.

On n'y apprend par exemple que les multinationales ont l'habitude, plutôt que d'embaucher et former localement, de saisir la commission pour l'emploi local (CPEL) pour faire croire que personne localement ne correspond au poste et donc demande une carence, c'est à dire une autorisation d'embaucher hors territoire.

Cette situation amenant l'un des syndicats de la place (USTKE) à qualifier cette loi de “couillonnade” ce que rejoint l'association.

Ce même syndicat critiquant le fait que cette loi laisse la liberté à l'employeur de recruter qui il veut sans qu'aucun contrôle ne soit réalisé par rapport à la loi. En effet, la consultation de la commission sur l'emploi local n'est pas obligatoire. Le code du travail stipulant que l'employeur “peut” la consulter alors que normalement l'employeur devrait avoir l'obligation de la consulter pour toute embauche, ce que rejoint là encore l'association.

L'article stipulant que non seulement les entreprises ne jouent pas le jeu, en d'autres termes ne respectent pas la loi mais également de nombreuses collectivités qui parfois ne respectent même pas l'avis de la CPEL, amenant les syndicats à demander à ce que la loi intègre des sanctions, ce qui n'est pas le cas actuellement.

On apprend également dans cet article que le MEDEF voudrait réviser cette année (2023) la durée minimale de résidence en Nouvelle-Calédonie  pour certaines professions afin de faire venir des électriciens, des informaticiens, ... de l'extérieur car ces gens-là n'existent pas en Calédonie. Si l'association n'est pas contre la venue d'une telle main d'œuvre, elle précise néanmoins que ceux-ci peuvent venir à condition de créer de l'activité. Ainsi des électriciens ou informaticiens patentés ou gérants d'entreprise, oui, des électriciens ou informaticiens salariés, non. Aux entreprises déjà présentes en Nouvelle-Calédonie ainsi qu'aux collectivités de former les personnes nécessaires afin de pallier les secteurs en tension. Il conviendra également aux collectivités de privilégier lors de leurs appels d'offres - marchés publics les entreprises locales afin de ne pas transférer un problème du salariat vers l'entreprenariat.

Autre souci soulevé par la Fédération des fonctionnaires est que ce texte n'est pas applicable à la fonction publique d'Etat. Où est l'égalité? Selon l'article, une loi de 1966 appliquée depuis les années 1980 réserve les postes publics d'Etat des catégories B et C aux locaux.

Le même syndicat rappelant que si on a les compétences et les diplômes, la priorité doit être donnée aux locaux, ce que partage une nouvelle fois l'association.

Le président de la CPEL, secteur privé, membre d'un autre syndicat, rappelle le principe de la loi sur l'emploi local qui est que : l'embauche d'un citoyen de la Nouvelle-Calédonie est la règle. A défaut d'un citoyen, à compétences égales, l'employeur doit recruter une personne justifiant d'une durée suffisante de résidence. Malheureusement, l'association constate de par les témoignages recueillis que bien que des candidats citoyens calédoniens, natifs du pays, se soient présentés sur des postes dans le privé comme dans le public en même temps que des non natifs, à compétences égales, un grand nombre d 'employeur a fait le choix du non-natif.

Toujours selon le président de la CPEL, un autre problème demeure à savoir qu'il n'existe pas à l'échelle pays un outil commun informatisé afin de consulter les offres d'emploi et semble-t-il aucune volonté politique d'améliorer les choses n'est ressentie. Cette absence de synergie dessert les demandeurs d'emploi.